Tirage au charbon, carbo print
Par Henri Gaud le Samedi, décembre 29 2012, 11:11 - Tirage au Charbon - Lien permanent
Il faut bien commencer, voilà, je me lance, tirage au charbon en 4 couleurs.
Bonjour,
C'est une sorte d'inventaire à la Prévert,
Des outils, à trouver, à construire, des bricolages, des adaptations, un labo dédié.
Un mortier pour écraser les pigments,
Une table de couchage pour préparer le papier,
Des barres de couchage pour faire la manœuvre correctement, en 100, 200, 300 micron, metering rod pour faire frimeur, de chez Erichsen,
Un labo inactinique plein jour, avec des filtres aux fenêtres,
Un bain marie, accessoire de cuisine professionnelle, pour préparer les mixtures pigmentés,
Une insoleuse UV avec un chassis à dépression,
Des barrettes de repérage et la perforatrice associée,
De la gélatine, mais pas par 10 tonnes, ni par 100 Kg, ni par 250 g, au Kg c'est beaucoup mieux,
Des pigments, chez Sennelier, ils ont tout ce qu'il faut, à un prix raisonnable,
Du sucre en poudre, et du sucre liquide,
Du savon liquide, de l'agent mouillant,
Des tabliers, indispensable, le charbon, c'est surtout assez sale,
De l'alcool éthylique à 95°,
De la colle de poisson,
Du formol,
Des supports de montage de chez ATG, pour le montage des films, des papier, et le premier transfert,
Des bechers en quantité, des gros des petits, des moyens,
Du Yupo, une sorte de papier synthétique qui n'absorbe pas le produit mais qui accroche bien, même l'aquarelle, pour le couchage du papier,
De la glycérine, de la gomme arabique, de l'alun de chrome,
Et bien sûr, des bichromates, l'agent sensibilisateur,
De l'ammoniaque,
Et des gants, des masques, des lunettes, faut faire un peu gaffe,
Tout un fatras de chez Labo Moderne et de chez Labbox,
Un PHmètre, bien utile,
Une petite balance numérique,
Du thymol chez un founisseur pour apiculteur, pour stabiliser les mixtures pigmentées,
Un filtre inox 125 micron, pour avoir un mixture assez fine,
Plein de flacons, des transparents, des bruns, des en plastique, des gros, des petits, et aussi des moyens,
Une table de montage, pour monter les films,
Un rouleau, pour chasser l'eau et l'air en trop lors des opérations de transfert,
Du beau papier, pour le second transfert,
De l'eau déminéralisée pour les préparations des bains et des mixtures pigmentées,
De quoi distiller cette eau, je pense que je vais céder à la tentation d'une machine de plus,
Des agitateurs magnétiques chauffants,
Des densimètres, très joli un densimètre,
Des raclettes diverses, qu'ils faut fabriquer, surtout si on ne trouve pas d'équivalent dans le commerce,
Des roulettes de chez Manutan pour la table de couchage et la table de montage,
Des tas de trucs de chez Coger, pour jouer au petit chimiste,
Des tube fluo habillés de filtres, pour les éclairages inactiniques,
Une cuvette réfrigérée, sans doute avec un climatiseur d'aquarium, pour la sensibilisation du papier, vers 10-12°C,
Une sécheuse basse température, et inactinique, pour les papiers pigmentés,
Un frigo, pour conserver les mixtures pigmentées prêtes à l'emploi,
Une sorbonne pour préparer les solutions a ne pas mettre entre toutes les mains, tous les nez, tous les yeux, faut faire un peu gaffe,
Des pissettes de tout poil pour un peu d'eau par ci, un peu de mouillant par là,
Une gamme Stouffer, ou tout autre marque fera l'affaire, ainsi qu'un bon densito, si possible un densito UV, transmission mais réflection également, pour faire ses gammes,
Et du temps, beaucoup de temps, une bonne radio (je vais changer la mienne qui a pris un coup de vieux), et de la patience, également trois sous,
Beaucoup de patience, les étapes sont nombreuses, et toutes décisives pour arriver à un résultat correct,
Mon installation est presque prête, je commence, la fleur au fusil.
A+
Je vous tiendrais au courant.
Bien sûr, il faut aussi quelques livres
Et quelques auteurs, Monckhoven, Liébert, Colson, Tranchant, Schneeberger.
Et les Vidéo de Tod Gangler.
Merci à lui.
Hand coating gelatin pigment emulsion with a coating rod
Ultrastable - Part 1
Ultrastable - Part 2
Ultrastable - Part 3
Ultrastable - Part 4
Commentaires
Ah ouais, là ça ne rigole plus !
En tout cas un défi très intéressant à suivre, je m'inscris sur une liste de futurs visiteurs du lieu, ça fait longtemps que je n'ai pas vu de densimètre, c'est vrai que c'est très joli un densimètre.
C'est le début, je vais faire quelques tests, le charbon est une occupation d'hiver, par temps froid, le papier ne supporte pas le chaud (20-25°C maxi) tant qu'il n'est pas insolé, et la sensibilisation se fait à 10-12°C pour éviter la fusion de la gélatine.
Donc des tests, et cet été je fignolerais l'installation du labo, bac à fond plat pour le transfert, pupitre de lavage et table de montage humide pour les transfert. Cuve réfrigérée pour avoir 10°C pour la sensibilisation. Donc quelques bricolages d'été en perspective, une petite réorganisation de labo.
Ok pour de futures visites, quand je serais prêt j'organiserais des visites monstration, ou monstration visite, comme on veut.
Merci de tes visites.
A+
En effet, vu l'ampleur de la chose, une bonne année de tests + construction + équipement ne sera pas de trop, sans compter le boulot annexe,au passage.
Mais oui pour une future visite des labos, pour moi c'est mieux qu'un sex shop !
Il y a plusieurs registres qui peuvent occuper quelque temps.
La préparation de mixtures pigmentés stable et reproductible.
La gestion colorimétriques des pigments et de leur niveau de charge.
La préparation de papier pigmenté de sensibilité et de contraste stable et reproductible.
La préparation de négatifs adapté au procédé, des négatifs argentiques et numériques (les astuces du numérique appliqué à l'Offset doivent être utilisable).
La sensito et la chromie du système complet, du sujet au tirage maitrisé, de quoi s'occuper.
Et la gestion physico chimique des couches, le double transfert, la conservation de la qualité de repérage à travers toutes les étapes.
Quelques tests en perspective ;-))
Etablir une base de test sera déjà une bonne occupation.
...et un Riton-Laveur ? :-)
Bon courage en tous cas, pour ne l'avoir qu'effleuré en monochrome, le charbon c'est du boulot, et l'usage des pigments en poudre n'est pas toujours des plus simples (certains que j'ai utilisés insolubilisaient la gélatine).
Dans les vidéos, une idée de pourquoi le support est couché à l'albumine sensibilisée au dichromate ?
Pour l'albumine, je crois que c'est juste parce que la technique de sensibilisation est très comparable et que Tod fait aussi de l'albumine.
Mais il y a peut-être une autre astuce. J'essayerais d'aller dire bonjour à Tod quand j'aurais un peu d'expérience, pour le moment je suis dans les starting block, la course de fond va commencer.